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Vos marques au galop


Pourquoi ne pas faire du co-branding en étant très nombreux et en prenant tous les risques ?


Posté le 16 juin, par Frédéric Bernier dans Partenariat entre marques. Pas de commentaires

L »actualité récente nous apporte la preuve qu »une opération de co-branding peut parfaitement se mettre en place par des acteurs qui sont plutôt considérés d »habitude plus comme des concurrents que des partenaires éventuels. Cette même actualité nous montre par ailleurs qu »il est tout à fait possible d »envisager ces mêmes opérations de co-branding en étant beaucoup plus nombreux que seulement 2 entreprises associées. Vous êtes peut-être passé à côté du produit récemment co-brandé qui illustre ces propos. Il s »agissait d »un produit relativement éphémère puisque sa durée de vie n »a pas excédé quelques jours, mais il a tout de même concerné plus de 50 millions de personnes à travers le monde … Il s »agit de ce qui a été baptisé Impact Journalism Day 2013 et qui a consisté à regrouper 20 journaux de 19 pays différents qui ont travaillé ensemble à l »élaboration d »articles parus entre le 21 et le 24 juin derniers.

Un projet ambitieux, optimiste mais difficile

Impact Journalism Day est une opération à l »initiative de la plate-forme d »agrégation d »informations Sparknews, fondée en 2011 par le français Christian de Boisredon, chantre depuis de nombreuses années déjà de la chasse aux projets susceptibles de changer le monde par leur audace, pertinence ou espoir suscité. L »idée repose justement sur l »envie de faire connaître au monde entier l »existence de ces faiseurs de rêve en encourageant les journaux qui ont décidé de s »associer à ce projet à ne publier, pour un temps donné, que des articles porteurs de bonnes nouvelles et de perspectives réjouissantes. Le pari n »est pas si évident que cela à relever. 3 obstacles majeurs se dressaient devant une telle initiative.

Obstacle n°1 : trouver les meilleures informations

Cet obstacle est d »ailleurs la base de ce projet. Comme pour beaucoup de projets innovants, il repose sur un constat de difficultés, sur une contrainte importante qu »il convenait de lever. Identifier ces fameuses « bonnes nouvelles » nécessitait, pour que seules les plus pertinentes, les plus prometteuses soient identifiées et relayées, un réseau mondial d »informateurs proches du terrain économique ou social où elles prennent source. Les projets ciblés par les investigateurs de l »Impact Journalism Day ne sont bien souvent que des projets encore embryonnaires, naissants, parfois confidentiels et confinés à des cibles de faible ampleur. Les identifier relève d »un travail d »ouverture et d »écoute que seuls des journalistes qui acceptent d »activer et de faire travailler ensemble leurs réseaux respectifs peuvent réaliser. Seule une opération de co-branding, telle que menée en cette occasion, aura permis l »accomplissement de ce projet.

Obstacle n°2 : oublier les scoop

Tous les journaux du monde rêvent de publier les premiers La nouvelle qui casino spiele va révolutionner la société. Le scoop de l »année, voir de la décennie. Être le seul qui titrera l »information que tout le monde s »arrachera. Voir ses tirages épuisés en quelques heures pour avoir été le seul à disposer d »une telle exclusivité. La concurrence en matière d »information fait rage. Impact Journalism Day a totalement fait fi de cette compétition en proposant aux journaux partenaires un mécanisme d »échange d »articles. Sparknews a lui même initié ce processus en proposant 20 articles que chaque journal était libre de relayer et en demandant à ces mêmes journaux de partager chacun 3 articles avec ses autres confrères participants. La concurrence était oubliée au profit de l »efficacité.

Obstacle n°3 : ne plus apitoyer

La période actuelle de marasme ambiant n »est pas faîte pour nous le faire oublier, les media sont friands d »informations catastrophiques qui sauront émouvoir au plus haut point leurs clients. Vous vous êtes sans doute souvent dit, tout comme moi, que les journaux regorgeaient de mauvaises nouvelles, de faits divers larmoyants, de propos négatifs et contestataires, de tristesse et de désolation. Ceci ne répond en fait qu »à la simple loi de l »offre et de la demande. Force est de constater, et les médias l »ont bien intégré depuis longtemps, que nous autres, consommateurs d »informations sommes à l »affût de ces nouvelles d »un genre presque morbide. Serait-ce pour se rassurer en se disant que quelque part ailleurs il y a des situations pires que la nôtre ? Serait-ce par pur voyeurisme ? Sans doute un peu des deux. Toujours est-il que les journaux, à l »occasion d »Impact Journalism Day ont du oublier pour quelque temps (seulement …) ce qui constitue d »ordinaire leur meilleur fond de commerce.

Je ne pouvais terminer cette illustration de co-branding quelque peu atypique, sans vous inciter à lire quelques uns de ces articles porteurs d »espoir. Je serais ainsi très heureux d »avoir contribué à ma façon à rendre votre journée plus brillante …

  • les sujets proposés par Sparknews (pour les pratiquants de la langue de Shakespeare)
  • Un article du Monde daté du 21 juin
  • Un autre article du Monde de ce même 21 juin




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